Cette partie fait l’objet d’une fiche inertage des moûts blancs (lien vers cette fiche).
La protection des raisins rouges, pendant les opérations préfermentaires, est beaucoup moins essentielle.
La fermentation est un phénomène anaérobie, mais ne peut se passer d’oxygène :
Les besoins totaux des moûts en fermentation varient de 10 à 20 mg/L suivant la composition des moûts (degré alcoolique potentiel, azote assimilable...).
Les remontages à l’air, ou les délestages alcooliques, permettent d’apporter les quantités d’oxygène nécessaires à la multiplication des levures (6 à 8 mg/L).
Les apports d’oxygène par cliqueur ou canne de remontage sont d’autres solutions.
L’oxygène doit être apporté aux levures en pleine activité et non au moût, c’est à dire lorsque le moût est en condition.
Un premier apport peut être réalisé pendant la phase active de multiplication des levures = à densité initiale –10 points.
Il peut être nécessaire de réaliser une aération vers d=1030-1020 en cas de risque de fermentation languissante (moût pauvre en azote).
Pasteur disait : « …c’est par son influence qu’il vieillit… ». Récemment, une équipe de chercheur australien a montré que le vin pouvait cependant vieillir sans apport exogène d’oxygène.
L’oxygène peut :
Dans le cas d’apports massifs et non maîtrisés :
Dans le cas d’apports maîtrisés par micro-oxygénation par exemple :
| Opération | Oxygène dissous (mg/L) |
| Pompage | 1-2 |
| Transvasage | 4-6 |
| Soutirage «sans aération» | 2-5 |
| Soutirage «avec aération» | 4-8 |
| Ouillage | 0.2-1 |
| Filtration | 3-6 |
| Centrifugation | 5-8 |
| Mise en bouteilles | 2-4 |
A noter que lors d’un élevage en cuve l’apport d’O2 est inférieur à 0.1 mg/L/an.
Au contact de l’air, il y a dissolution d’oxygène dans le vin. Il s’agit d’un phénomène rapide qui se déroule en 10-15 mn. A 20°C, la quantité maximale d’oxygène dissout est de 8 mg/L. Cette quantité diminue lorsque la température augmente.
L’oxygène est ensuite consommé plus lentement pendant une période de 10 à 30 jours par les polyphénols, le SO2 libre, et d’autres molécules antioxydantes comme l’acide ascorbique.
Les travaux de Singleton ont expliqué les mécanismes de formation d’éthanal dans les vins, qui met en jeu 2 réactions couplées :
Les tannins et les anthocyanes peuvent ainsi être liés par la molécule d’éthanal, permettant une stabilisation de la couleur.
Lors d‘un élevage en barrique neuve, on peut considérer que par an, 0.4 mg/L d’O2 sont dissous. 80 % de l’oxygène qui rentrent dans la barrique pénétreraient par le trou de bonde. Dans le cas de barriques âgées, le tartre limitant les échanges, cette valeur dépasse rarement 0.2 mg/L.
L’apport pourrait être réalisé au cours d’un soutirage ou à l’aide d’un cliqueur. La cadence des soutirages/aérations dépend du niveau de réduction du vin (perception de l’odeur dite de réduit), et de ses objectifs de mise en marché.
La micro-oxygénation est une technique qui consiste à apporter en cuve, de façon continue, de petite quantité d’oxygène.
Le principe est d’avoir des vitesses d’apport toujours inférieures aux vitesses de consommation.
Elle permet :
Elle peut être réalisée sous marc, avant ou après FML.
L’oxygène dissout, exprimé en mg/L peut être dosé à l’aide d’un oxymètre. L’état d’oxydo-réduction peut être évalué par mesure du potentiel d’oxydo-réduction exprimé en mv.
Les valeurs mesurées doivent être considérées avec retenue, car les mesures réalisées dépendent de l’électrode choisie, de sa propreté et de l’échantillonnage.
Souvent il paraît risqué de considérer les valeurs absolues, et il est plus intéressant de suivre l’évolution de ces paramètres.
L’air, qui permet d’oxygéner un moût ou un vin pendant la fermentation alcoolique est bien entendu gratuit.
L’usage d’un cliqueur ou la micro-oxygénatation d’un vin impose de posséder une bouteille d’oxygène, dont le coût est de 38 € HT/L d’O2, soit 38 € HT/kg d’oxygène.
Si on décide d’apporter 5 mg/L à un hL de vin à l’aide d’un cliqueur, il faut compter 0,5 g/hL, soit 0.033 centimes € HT/hL.
En cours de fermentation alcoolique, il est possible d’oxygéner le moût à l’aide d’un compresseur à air comprimé, équipé de filtres déshuileurs et à charbon actif. Un investissement est nécessaire mais les consommables ont un faible coût. L’investissement est vite amorti si les besoins en air sont importants.