Les symptômes foliaires sont caractéristiques de la forme dite lente. Cette forme d'Esca se manifeste par une coloration internervaire, jaune sur cépages blancs, et rouge sur cépages noirs, qui évolue progressivement vers un dessèchement. A la différence du BDA, on peut observer, systématiquement, un liseré jaune entre tissus nécrotiques et tissus sains.
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| symptômes foliaires sur cépage noir | symptômes foliaires sur cépage blanc |
On appelle forme apoplectique la forme sévère caractérisée par un dessèchement rapide en quelques heures ou quelques jours de tout ou partie du cep. On peut confondre ces symptômes à ceux liés à une alimentation hydrique interrompue (pourridié) ou diminuée (folletage, étranglement du tronc).
Dans le bois, on peut observer deux types de nécroses :
La présence d'amadou ou pourriture blanche, caractérisée par du bois clair, dégradé et mou, est souvent constatée au centre des nécroses.
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| nécrose centrale | nécrose sectorielle |
Comme pour l'eutypiose, les symptômes foliaires peuvent apparaître ou non d'une année à l'autre.
Il peuvent apparaître dès le mois de juin et sont en général facilement identifiables en juillet. L'observation des symptômes fin août permet de connaître l'étendue de la maladie.
La forme apoplectique peut être favorisée lorsqu'une période chaude et sèche suit une pluie.
Plusieurs dizaines de champignons sont vraisemblablement impliqués dans cette maladie très complexe. Phaeomoniella chlamydospora et Phaeoacremonium aleophilum sont les champignons précurseurs de l'Esca. Fomitiporia mediterranea est le champignon responsable de l'amadou. Le rôle exact d'Eutypa lata dans cette maladie est encore inconnu. La conservation des champignons se fait sur ceps malades ou morts mais d'autres espèces ligneuses peuvent abriter ces champignons. La dissémination des spores de P. aleophilum semble s'effectue pendant la période végétative, alors que ceux de P. chlamydospora et d'E. lata s'effectue toute l'année. La contamination se fait notamment via les plaies de taille lors de périodes hivernales douces et pluvieuses. Le nombre et la dimension des plaies de taille sont des facteurs qui favorisent l'esca.
A ce jour, il n’existe pas de méthode de lutte chimique ou biologique validée au vignoble. Le seul produit homologué était l'arsénite de sodium. Il a été interdit depuis novembre 2001, en raison de ses effets cancérigènes et toxiques sur la santé humaine. Une étude réalisée par la MSA en 2000, avait montré que les protections utilisées n'étaient pas suffisantes pour assurer une bonne protection des utilisateurs.
L'Escudo est la seule spécialité commerciale homologuée contre l'Esca, mais son usage est strictement préventif. Il doit être badigeonné sur les plaies de taille à l'aide de pinceau, de tampon ou lors de la taille à l'aide d'un sécateur de type felcomatic.
Ce sont les seules méthodes de lutte efficaces. Il est important de les mettre en place dès à présent afin de diminuer la quantité d’inoculum et les risques de contamination :
L'Esca attaque la charpente des souches et conduit à plus ou moins long terme à la mort du cep. Les répercussions les plus rapides sont la destruction du feuillage et la destruction des grappes. A plus long terme, par le biais des remplacements des manquants, l'esca peut conduire à une hétérogénéité ou un rajeunissement des parcelles de vigne.
L’enquête réalisée en 2004 en Midi-Pyrénées en collaboration avec les Chambres d’Agriculture, les Syndicats et la Station Régionale ITV montre que tous les vignobles sont touchés de la même manière avec une moyenne de 5.3% des pieds de vigne atteints. Sur certaines parcelles, jusqu’à 35% des ceps peuvent présenter des symptômes. L’âge des vignes, l’état général de la parcelle, les pratiques culturales et le cépage ne semblent pas avoir d’incidence directe sur la propagation de la maladie. Même les jeunes vignes, de 5 ans environ, peuvent présenter des symptômes. L’observatoire national des maladies du bois, mis en place en 2003 par la SRPV, confirme ces résultats à l’échelle nationale : 65% des parcelles observées présentent au moins un symptôme d’Esca et/ou de BDA et en moyenne 4.7% des ceps sont atteints. Les cépages les plus sensibles seraient le Sauvignon blanc, le Chenin, l’Ugni blanc et le Côt.
Car plusieurs dizaines de champignons semblent jouer un rôle. Les fongicides classiques ne sont pas capables d’être véhiculés par la sève élaborée, c’est-à-dire du feuillage vers les racines, en traversant les zones où sont localisées les champignons responsables des maladies du bois.
Les travaux en cours à l'ITV Midi-Pyrénées concernent l'identification des étapes à risque en pépinière au cours desquelles pourraient s’effectuer d’éventuelles contaminations et l'évaluation de méthodes de désinfection des plants. La fluctuation des symptômes est suivie d'une année sur l'autre et d'un cep à l'autre sur une parcelle et nous étudions l'efficacité de fongicides et d'éliciteurs des défenses naturelles en pulvérisation foliaire.